Nous voulons vivre!

Le présent texte a été édité par le Collectif « Nous voulons vivre« , nous le reproduisons ici à l’identique.

Nous voulons une troisième voie, entre ceux qui font semblant de croire qu’il n’y a pas de pandémie, et les tenants du long confinement de la vie sociale. Dans l’immédiat :

#NOUSVOULONSVIVRE. La vie sociale, culturelle, associative, et les libertés démocratiques doivent devenir prioritaires. Le moment est venu. Nous ne sommes pas des robots, mais des êtres sociaux. Si, en contrepartie, il faut mettre entre parenthèses certaines activités, commençons par les plus inutiles pour la population, les plus dégradantes socialement, ou les plus polluantes.

#NOUSVOULONSVIVRE. Il faut des services publics adaptés aux besoins sociaux. En particulier, il est temps de renverser la vapeur en investissant massivement dans la santé hors du marché, en améliorant les conditions de travail, de salaire, les qualifications des soignant·e·s et la prise en charge des patient·e·s, en construisant un véritable pôle public de la recherche et du médicament.

#NOUSVOULONSVIVRE. Il n’y a plus de temps à perdre pour s’attaquer aux racines du problème. Luttons contre la déforestation mondiale, en imposant des normes strictes sur les produits importés, supprimons l’élevage industriel de masse, et amorçons une véritable transition écologique.

TOUT NE DOIT PAS CONTINUER COMME AVANT. IL N’Y AURA PAS DE SORTIE DE CRISE SANS CHANGEMENTS SOCIAUX, DEMOCRATIQUES ET ECOLOGIQUES.
ILS NE NOUS EMPECHERONT PAS DE VIVRE !

C’ETAIT IL Y A BIENTOT UN AN
L’événement nous a sidéré. Nos repères ont volé en éclats, et nous avons suivi sagement le chemin qui nous était imposé d’en-haut. Isolé·e, chacun·e a essayé de continuer à vivre, à sa manière, avec plus ou moins de transgression. Aujourd’hui, l’hébétement a fait place à la résignation. Nous ne savons plus qu’attendre, mais nous attendons. Nous guettons la parole qui nous libèrera, nous scrutons l’oracle statistique pour entrevoir un avenir meilleur.

LE PROVISOIRE DEVIENT PERMANENT
Nos vies se sont réduites à leurs aspects les plus fonctionnels. Boulot-dodo. La mort sociale, l’enterrement de nos désirs et de nos aspirations. Combien de morts-vivant·e·s parmi nous ? Nos existences sont devenues rachitiques : toute la complexité et l’épaisseur de nos relations, de nos activités culturelles, sportives, associatives, sociales, politiques, de nos espoirs aussi, semblent n’avoir pour eux aucune valeur. La richesse de nos rencontres, l’amour, l’amitié, la famille et la camaraderie : oubliées, méprisées, recluses dans la clandestinité.

Nous ne décidons plus de rien. Rythmées par les avancées scientifiques rapportées, soumises aux arbitrages politiques, nos vies lentement nous échappent, notre liberté est comprimée, les droits démocratiques piétinés. Malgré cela, les vagues se suivent, les variants résisteront peut-être au vaccin, une nouvelle maladie apparaîtra peut-être avant d’en avoir fini avec celle-ci, qui sait… Sommes-nous condamnés à être spectateurs/trices d’une crise dont la gestion nous est présentée sans alternative possible ?

IL Y A DES GAGNANTS DE CETTE CRISE
Ce qui semble inéluctable ou naturel ne l’est pas. Pendant que nos vies sociales sont sacrifiées, de nombreuses activités sont, elles, autorisées. La plupart des entreprises fonctionnent normalement, les transports publics sont bondés, et des centaines de personnes peuvent consommer en même temps dans un grand magasin. Même le Black Friday a été autorisé.

Afin de permettre cela, les cinémas sont fermés, les réunions associatives rendues impossibles, les petit·e·s artisan·e·s bouclé·e·s, les sportifs/ves arrêté·e·s, les étudiant·e·s atomisé·e·s, les artistes désespéré·e·s, les traitements médicaux normaux repoussés, les enfants masqués, les soirées avec les copains et les copines désespérément numérisées. En sorte qu’on pourrait croire que seul le travail salarié protège du virus.

Ces choix politiques ont servi à protéger les intérêts des plus puissants. D’immenses champs de l’activité humaine productrice de richesse sociale, culturelle, mais aussi économique, sont en contrepartie tout simplement interdites. Pensez qu’on nous interdit même de chanter ! Le coût moral, psychologique et social de cette politique est exorbitant.

UNE SOCIETE STRUCTURELLEMENT MALADE
Et cela risque de durer longtemps. Car c’est bien la crise écologique dans son ensemble qui est l’origine principale de la pandémie. Trafic d’animaux sauvages, déforestation, élevage industriel, modification des climats et réchauffement mondial… associés à l’extrême mobilité des humains sur la terre : un cocktail explosif pour l’émergence de pandémies. Les scientifiques nous alertent depuis des années. Il y en aura d’autres.

Pour faire face au virus, le confinement de la vie sociale ne sert qu’à pallier le manque chronique de moyens du service public de la santé. Si nous sommes aussi vite débordés, ce n’est pas tant à cause de la virulence du Covid. C’est que nous payons l’addition de plusieurs années d’austérité budgétaire sacrifiant la vie humaine et la santé.

La crise écologique et la dégradation du service public de la santé sont les véritables sources de notre malheur. Si nous n’agissons pas sur la racine du problème, c’est notre liberté que nous mettons en jeu

L'Ami-e du Peuple